une éducation manquée / la voix humaine

février 2010
CALENDRIER
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LYRIQUE
PASTILLE
     
  UNE ÉDUCATION MANQUÉE
EMMANUEL CHABRIER
 
     

Opérette en un acte
Livret d’Eugène Leterrier et Albert Van Loo
Créée à Paris, le 1er mai 1879, au Cercle de la Presse (représentation privée)

Gontran de Boismassif  SARAH PAGIN
Hélène de la Cerisaie ANDREA HILL
Maître Pausanias JEAN-MARIE FRÉMEAU

     
  &
LA VOIX HUMAINE

FRANCIS POULENC
 
     

Monologue lyrique en un acte d’après la pièce de Jean Cocteau
Créé à l’Opéra-Comique, le 6 février 1959

La femme BARBARA HAVEMAN

Mise en Scène RENÉ KOERING
Décors VIRGILE KOERING
Costumes GIUSI GIUSTINO
Lumières PATRICK MÉEÜS
Piano FEDERICO SANTI

Versions originales pour piano

Nouvelles productions

Dimanche 28 février - 15h00
Mardi 2 mars - 20h00
Jeudi 4 mars - 20h00
Opéra Comédie

Plan de la salle

Tarifs
Tarif fille du régiment / otello / education
I
II
III
IV
Normal
45€
40€
30€
18
Collectivités
38€
34€
26€
15€
Réduit
34€
30
22€
13

ABONNEMENTS A, B ET C
Ouverture de location : 06/01/10

Réservation


« Il y a plus de véritable musique dans cette petite œuvre savoureuse que dans beaucoup de grands ouvrages lyriques » (Ravel, 1913) : voilà de quoi donner bien envie de découvrir cette opérette de Chabrier encore dédaignée des scènes lyriques (contrairement à L’Étoile)… En contrepoint, une tragédie lyrique de Poulenc – qui considérait Chabrier comme son « véritable grand-père » – aux couleurs sombres, presque expressionnistes, qui exige de son interprète de véritables talents d’actrice, tant le texte de Cocteau y construit la musique.

Une éducation manquée
Emmanuel Chabrier composa Une Education manquée sur la commande d’un ami. Chabrier n’entendit jamais l’orchestration de cette opérette, les théâtres lui refusant systématiquement de monter l’ouvrage. Quatre-vingt ans plus tard, Poulenc, au piano, créera avec Denise Duval, La Voix humaine.
C’est dans leur version originelle que ces deux pièces seront présentées.
Elles évoquent, dans des genres et esthétiques totalement différents, deux instants de la vie conjugale et amoureuse.
Le premier instant, sous la forme légère et enjouée d’une opérette, est celui de jeunes époux au soir de leurs noces, qui d’abord gênés par les « lacunes » de leur éducation, trouveront comment se passer de maître.
Le deuxième instant, La Voix Humaine, est une rupture, sans lettre, sans dernier regard. Au téléphone avec l’objet de son amour, une femme livre un dernier monologue poignant et désespéré, avec les mots de Cocteau et la musique de Poulenc.

Emmanuel Chabrier
Emmanuel Chabrier est né à Ambert, le 18 janvier 1841. Après avoir travaillé au ministère de l'Intérieur à Paris à partir de 1862, il choisit en 1880 de se consacrer entièrement à la musique. Son style est très varié : harmonies wagnériennes d'opéra (Gwendoline), esprit mélodique d'opérette (Duo de L'ouvreuse de l'Opéra-Comique et de L'employé du Bon Marché) et de mélodies traditionnelles (Les plus jolies chansons du pays de France), créations amusantes (Ballade des gros dindons). Ses compositions colorées ont influencé de nombreux compositeurs français, notamment Claude Debussy, Maurice Ravel et Francis Poulenc. Sa rhapsodie España est sans doute son œuvre la plus célèbre, avec Joyeuse marche, un arrangement de ses propres partitions pour piano, et ses dix mélodieuses Pièces pittoresques.
Il partagea avec les Parnassiens un humour dans sa vision critique de la société. Il fréquenta les peintres Auguste Renoir, Claude Monet, Édouard Manet dont il fut fidèle admirateur et posséda des œuvres.
Il meurt à Paris, le 13 septembre 1894.

La Voix humaine : Francis Poulenc
Né à Paris le 7 janvier 1899, jeune pianiste prodige, Francis Poulenc est l’élève du grand virtuose Ricardo Vinès, ami d’Albeniz, de Debussy et de Ravel, qui l’introduit dans les milieux musicaux parisiens, où il rencontre notamment Satie et Auric. Après quelques leçons de composition auprès de Charles Koechlin, il fait entendre une Rapsodie nègre prometteuse, où l’on trouve déjà les qualités de la musique de Poulenc, originalité mélodique, sens des timbres et des rythmes. Mobilisé en 1914, il compose alors assez peu, excepté Le Bestiaire sur des poèmes d’Apollinaire (1918-1919), son premier cycle de mélodies, un genre dans lequel il excellera par la suite. L’influence de Satie, et son goût de l’indépendance l’amènent tout naturellement à faire partie du Groupe des Six (avec Honegger, Milhaud, Auric, Germaine Tailleferre et Louis Durey), ensemble de musiciens réunis non par un programme, mais par l’amitié et des goûts communs - pour le cirque, le music-hall, le jazz, la mélodie populaire et l’humour : c’est cet esprit qui anime le ballet Les Biches, créé en 1924 par les Ballets Russes. Ce divertissement sera pourtant très vite suivi par des œuvres autrement plus ambitieuses, comme le Concert champêtre (1928), pour clavecin et orchestre, écrit pour la grande claveciniste Wanda Landowska, et L’Aubade, pour piano et dix-huit instruments à vents, où, derrière les clins d’œil et le style galant, perce un certain sens du tragique. Le tournant décisif de son œuvre sera pourtant pris un peu plus tard, lors d’un pèlerinage à Rocamadour, au retour duquel, profondément touché par la foi chrétienne, il écrit sa première œuvre religieuse, les Litanies à la Vierge noire (1936). Dès lors, toute sa carrière va se tourner essentiellement vers la musique vocale et dramatique, dans un processus qui aboutira à la fusion de l’inspiration religieuse et profane avec le Dialogue des carmélites (1957). Entre-temps il écrit, notamment, la cantate Figure humaine (1943), sur un texte d’Éluard, un de ses poètes favoris, qu’il mettra plusieurs fois en musique, sa foi catholique lui inspire l’admirable Stabat Mater (1950). De retour d’une tournée aux États-Unis, il donne enfin La Voix humaine (1959), d’après Cocteau, écrite pour la soprano Denise Duval, à laquelle il dédiera plusieurs de ses œuvres. C’est peu après l’achèvement de ses Répons pour les temps de ténèbres (1963), qu’il meurt d’une crise cardiaque à son domicile parisien.


Biographies