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Vedova scaltra

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LYRIQUE
PASTILLE
     
 

La Vedova scaltra
La veuve rusée
Ermanno WOLF-FERRARI

 
     

Comédie lyrique en trois actes
Livret de Mario Ghisalberti
D’après la comédie de Carlo Goldoni
Créée à Rome, le 5 mars 1931

Direction musicale Enrique Mazzola
Mise en scène René Koering
Décors Jean-Louis Poveda

Lumières Patrick Méeüs
Chef des choeurs Noëlle Geny

Rosaura Henriette Bonde-Hansen
Marionette Laure Baert
Milord Runebif  Franco Pomponi
Mr. Le Bleau Giorgio Trucco
Don Alvaro di Castiglia Giovanni Furlanetto
Il Conte di Bosco Nero Andrea Giovannini
Arlecchino Evgeniy Alexiev
Birif  Gilles Hubert
Folletto Nikola Todorovitch
Un servo Olivier Thierry

Production de l’Opéra National de Montpellier Languedoc-Roussillon

Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
Choeurs et choeurs supplémentaires de l’Opéra National de Montpellier Languedoc-Roussillon

Dimanche 9 novembre 2008 – 15 h 00 Jeudi 13 novembre 2008 – 20 h 00
Dimanche 16 novembre 2008 – 15 h 00
Mardi 18 novembre 2008 – 20 h 00
Opéra Comédie

Plan de la salle

Prix des places

Tarif lyrique 2
I
II
III
IV
Normal
45€
40€
30€
18€
Collectivités
38€
34€
26€
15€
Réduit
34€
30
22€
13€

Réservation

Ouverture de la location : 21/10/08



l’intrigue

La Veuve rusée raconte l’histoire d’une jeune vénitienne mariée par obligation à un vieux marchand. Du jour au lendemain, la jeune femme se retrouve veuve et riche.
Dans l’atmosphère de carnaval qui anime Venise, elle redécouvre le goût de la fête et avec lui, toute sa joie de vivre. Elle décide alors de se remarier, mais cette fois, la veuve entend bien choisir l’heureux élu !
Quatre soupirants se bousculent à sa porte, un Français, un Anglais, un Espagnol et un Italien, chacun représentant avec force et conviction les stéréotypes de sa nation. Ainsi le Français sera volage, l’Anglais inconstant, l’Espagnol trop sérieux et l’Italien jaloux. Un véritable échantillon du mâle typique de chaque pays.
Emportée par la fantaisie et l’invention, la jeune femme prend ainsi conscience de son esprit, de sa beauté et de sa liberté.
Elle en use et en abuse pour débusquer celui à qui elle accordera sa main.

autour de l’œuvre

La Vedova scaltra est certainement l’opéra le plus « cérébral » de Wolf-Ferrari, jalonné de références au passé et à la période contemporaine. Le titre s’inspire sans doute du dramma giocoso d’un certain Borghesi, La veuve avisée (La vedova accorta),inspiré lui-même du Pourceaugnac de Molière, auquel Goldoni avait assisté à Florence en 1748. Le livret de Mario Ghisalberti reproduit le texte original de Goldoni. Les quelques adaptations et coupes ont été faites pour répondre aux exigences musicales et rythmiques. La musique de Wolf-Ferrari, allègre, naturelle, inspirée et colorée, pointe toujours en filigrane le sourire ironique mais indulgent de Goldoni, écrivain du peuple.

La pièce de Goldoni (1748)
Goldoni, observateur subtil et critique de son temps, témoigne dans ses créations d’un monde en plein bouleversement, des vices et des vertus de la noblesse, de la bourgeoisie et du peuple. Mais son regard est avant tout moral et humain. Il dépeint des caractères : l’aristocrate, le bourgeois, le commerçant …
La pièce dont est issue La Vedova scaltra a pour titre La fine mouche. Or, dans La fine mouche s’affirme résolument la réforme théâtrale entreprise par Goldoni. L’ouvrage a une valeur historique particulière, bien qu’il ne soit qu’une œuvre de transition entre la commedia dell’arte et la comédie de caractère, faisant de larges concessions à l’improvisation des acteurs et au goût du public. L’histoire qui y est contée est celle reprise par Wolf-Ferrari.

Wolf-Ferrari  La renaissance de l’opera buffa
Lorsque Wolf-Ferrari, à l’âge de 24 ans, donna à Venise son premier opéra La Cenerentola, il connut un fiasco dans sa patrie, mais un succès d’estime lors de la première à Brême, en 1902. Il suivit le conseil du directeur du Théâtre de Brême, Friedrich Erdmann-Jesnitzer : utiliser la renaissance de Goldoni, mettre en musique, en italien, sa comédie Le Donne curiose et la faire traduire ensuite pour l’Allemagne. Ce fut un acte de pionnier qui lui permit de lancer une résurrection de l’opera buffa. La virtuosité du langage goldonien commandait à la musique et Wolf-Ferrari la voulut simple, transparente et expressive. Immédiatement après la création, l’œuvre fut donnée sur 27 scènes allemandes, à Vienne en 1905, Gustav Mahler dirigea lui-même les dix représentations. Le succès gigantesque confirma Wolf-Ferrari dans sa volonté de poursuivre sur la même voie. Des années plus tard, Richard Strauss se rallia à ce courant avec son Rosenkavalier. Wolf-Ferrari compose donc principalement des opéras comiques. En modernisant le style et le langage de l’opéra de chambre et de l’opéra buffa italiens, il atteint aux sommets du genre avec Il Campiello et I quatro rusteghi , échappant ainsi à l’influence wagnérienne et à celle du vérisme.

le compositeur

Né à Venise en 1876, d'un père allemand et d'une mère italienne, Ermanno Wolf-Ferrari partagea sa vie entre l’Allemagne et l’Italie. Il fait des études de peinture à Rome puis part à Munich où il choisit finalement la musique. Il termine ses études à Venise et à Milan et débute à la Fenice en 1900 avec La Cenerentola. La première de cette œuvre, enregistrée en public, n’obtient pas le succès escompté. En 1903, on applaudit à Munich, Le Donne curiose, fantaisie légère à l’humour raffiné inspirée de Goldoni.  Wolf-Ferrari est nommé à la tête du Conservatoire Benedetto Marcello de Venise. Il signe et dirige en 1905 La vita nuova au Nobilissimo Teatro. En 1913, il adapte Molière et c’est L’amour médecin, Écrite l’année suivante mais donnée à la Fenice en 1914, I quattro rusteghi lui apporte la reconnaissance dans sa ville natale. Profondément affecté par la première guerre mondiale, écartelé entre les deux cultures allemande et italienne, il cesse d’écrire durant dix ans, puis en 1925, adapte à nouveau Goldoni avec Gli amanti sposi.  En 1929, il est nommé professeur de composition au Mozarteum de Salzbourg. C’est à Rome qu'il donne, en 1931, La Vedova scaltra, inspirée de la comédie de Goldoni. En 1936, la création à la Scala de ce chef d’œuvre vénitien est un triomphe, tout comme sa reprise à la Fenice trois ans plus tard. En 1943, Gli dei a Tebe, féérie fantastique proche du Falstaff de Verdi qu’il admirait, fait un tabac à Hanovre.
Ne pouvant accepter ni la politique culturelle du Troisième Reich, ni les principes de l’avant-garde qui la remplacent, il quitte à nouveau l’Allemagne pour l’Italie et passe les dernières années de sa vie à Venise. C’est d’ailleurs à Venise, à laquelle il voudra offrir son adieu à la musique avec une vaste fresque symphonique, demeurée malheureusement inachevée, que Wolf-Ferrari s’éteint en 1948, à l’âge de 72 ans. Un concert commémoratif, dirigé par son propre neveu Manno, est donné à la Fenice.



 
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