L’intrigue
L'action de l'opéra se situe à Plombières,
ville d'eau réputée, tout juste avant le couronnement
de Charles X, dans un hôtel appelé « Le
Lys d'or ». Un groupe de personnes cossues, de nationalités
diverses, suit une cure et décide d'assister au couronnement
du nouveau roi et se préparent donc à faire
la route de Plombières à Reims. Madame Cortese
est la propriétaire de l'hôtel, Maddalena la
gouvernante, Don Prudenzio le médecin et Antonio,
le maître d'hôtel. Des instructions sont données
pour assurer un déroulement impeccable du départ
et du voyage des hôtes de l'hôtel. La comtesse
de Folleville, une jeune et frivole Parisienne, apprend que
toutes ses toilettes ont été détruites
durant le transport. Le baron allemand von Trombonok, officier
et mélomane, a l'argent des voyageurs et est chargé d'organiser
le voyage. Don Profondo est littérateur et collectionne
des antiquités. Don Alvaro, amiral et grand d'Espagne,
est amoureux de la marquise Melibea ; elle aime, elle, un
général russe très jaloux. Alvaro et
Libenskof sont d'ailleurs sur le point de se battre en duel.
Don Profondo, qui dresse l'inventaire des bagages, apprend
qu'il n'y a pas de chevaux disponibles à Plombières
pour transporter le groupe à Reims. A la place, la
comtesse de Folleville invite toute la compagnie dans son
hôtel particulier à Paris. Ils prendront tout
bonnement, le lendemain, la diligence pour Paris. L'argent
du voyage à Reims sera utilisé entre autres
pour financer un grand banquet. Suivent une série
de danses et de toasts pour la famille royale, que chacun
portera en suivant ses coutumes nationales.
Autour de l’œuvre
En 1824, Rossini s’installe à Paris et accepte
la nomination de Charles X : directeur du Théâtre
Italien, inspecteur de chant et des établissements royaux
et compositeur du Roi.
Pour le couronnement de ce dernier, il compose Le voyage à Reims en
1825 dont il réutilisera certaines parties pour Le
comte Ory en 1828. Sur la trame d'un événement
dynastique de la plus grande importance et qui aurait suscité de
principe l'écriture d'un seria, dans le registre le
plus solennel, Rossini détourne l'approche et tisse
une comédie de pure jubilation, drolatique et virtuose
(destinée aux meilleurs chanteurs de son époque),
dans lequel, le compositeur gagne sans faillir ses galons de
génie de l'élégance comique.
L'œuvre est créée sous forme de cantate
scénique le 19 juin 1825 au Théâtre des
Italiens, le compositeur recueille honneurs et privilèges à Paris.
L'ouvrage est le dernier opéra italien composé par
Rossini, alors âgé de 33 ans. Ses opéras
suivants seront tous en français.
Le compositeur
Né le 29 février 1792 à Pesaro sur la
côte adriatique, de parents musiciens, Gioacchino Antonio
Rossini compose dès l’enfance et connaît
le succès à 18 ans, grâce à son
premier opéra La cambiale di matrimonio, suivi
trois ans plus tard par L’Italienne à Alger.
Il enchaîne alors les opéras (39 en tout) et les
triomphes, renouvelant entièrement, notamment par l’écriture
vocale, le vieux genre de l’opéra seria et menant
l’opéra bouffe à sa plus haute perfection.
En 1813, la création de Tancrède à Venise
fait de lui le maître incontesté de la scène
lyrique italienne pendant de nombreuses années. Les œuvres
se succèdent à un rythme effréné :
Le barbier de Séville et Otello en
1816, Cenerentola et Armide en 1817, La
Donna del lago en l818, Maometto II en 1821, Semiramis en
1823. En 1825 (alors que Stendhal vient de publier Vie
de Rossini), il s’établit à Paris
sur proposition du roi de France Charles X et devient, entre
autres, directeur du Théâtre des Italiens. Après Guillaume
Tell, donné en 1829 à l’Opéra,
Rossini âgé de 37 ans, au sommet de sa gloire,
se retire du théâtre et de la vie publique. S’il
continue à composer (de la musique de chambre, pour
piano, des pièces sacrées), il ne publie plus
ses œuvres (il en rassemblera, avant sa mort, 14 volumes
sous le titre Péchés de vieillesse).
Amateur de bonne chère, il tient salon dans sa demeure
de Passy, accablé par ailleurs de dépressions
nerveuses récurrentes. Il rencontre Wagner en 1860 et
se remet à composer de petites œuvres musicales.
En 1863, il écrit la Petite messe solennelle,
son ultime chef-d’œuvre. Rossini meurt en 1868 à Paris.
Reconnu pour ses opéras et pour son Stabat Mater (dont
les six premiers numéros furent commandités par
un prélat espagnol dès 1831-32, mais qui ne fut
créé dans sa version complète qu’en
1842 à Paris) ; admirateur de Mozart, Rossini donne
une nouvelle noblesse aux compositions italiennes et ouvre
la voie à Verdi.
Représentation du 6
janvier retransmise en direct
dans des maisons de retraite et les chambres
du CHU de Montpellier
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